Fiordalisi (1995)

chorégraphie et interprétation Raffaella Giordano
lumières Maurizio Viani
musiques originales Bruno de’Franceschi

collaboration à la dramaturgie Danio Manfredini
exécution technique Marco Cassini
nous remercions en outre Clelia Moretti pour sa collaboration au projet‚
Hubert Westkemper pour l’editing audio‚ Giovanni Vitaletti pour l’éxécution au piano

production sosta palmizi
en collaboration avec Comune di Longiano (FO) – Comune di Cortona (AR)
Enregistrement effectué chez “Baby Record” de Milan

Bleuet Centaurée Cyranus

Fleurs toutes tubuleuses‚ dans de grands capitules solitaires. Feuilles alternes‚ larges 5mm au maximum. Tronc droit‚ feuilles non décurrentes. Champs labourés‚ parfois dans des vieilles fosses á fumier et dans des décharges‚ ou le long des routes; en terrains souples‚ très fertilisés; plante rare‚ en voie de extinction.

Tourment est une promesse de force
Quasiment un exorcisme pour conjurer le pire
Echo des rires d’enfants‚ les nouvelles générations
qui prennent leurs places au monde qu’on leur a préparé
et l’angoisse des mères qui engendrent dans la guerre
Vouloir voir‚ ne pas vouloir voir
Puiser dans ses ressources de force‚ de résistance‚ de sacrifice
La peur qui surgit de nouveau
Et penser‚ penser à nouveau à ce qui engendre l’inquiétude
Revenir à une pensée délaissée‚
la dimension de l’enfance où tout est devant nous
et tout est encore possible

***

Les cailloux jetés dans l’eau et les cercles concentriques qu’ils engendrent:
c’est la logique associative dans laquelle sont tissées les pensées‚
les réflexions qui se succèdent dans le long silence de Fiordalisi.
L’action théâtrale confie le corps à la danse
pour traverser les mouvements de l’expérience intérieure;
et la danse retourne à l’action théâtrale
dans sa forme la plus dépouillée et quotidienne‚
synthèse d’une condition humaine à partager avec le spectateur.

Danio Manfredini

Un point de vue…
Raconter une histoire aujourd’hui‚ veut dire rester en silence‚ immobile‚ presque sans souffle‚ car on nous nie et nous nous nions la possibilité de le faire; les modèles de la communication ne sont pas ceux de la narration‚ de la puissance du verbe et de la parole‚ canaux divins.
Nous‚ nous répétons des paroles détruites ou remplacées par des locutions sonores quasiment désarticulées‚ homicides de sens et de sensations; d’un autre côté se répand de plus en plus l’incapacité de se rapporter en des formes rituelles et authentiques et la difficulté de nouer des fils de mémoire et de tradition.
Dans ”Fiordalisi”‚ une femme en attente‚ pleine de son propre quotidien‚ raconte une ”non–histoire”‚ en partant par le défoncement de ce lieu de mensonges qu’est la scène‚ créant ”autre que soi”‚ espace nouveau et stupéfait où est dévoilée et dénudée l’attention ”protégée” du spectateur; lumières de service sur scène‚ quelques timides gélatines colorées tentent de résister au centre de l’espace vide mais non désolé.
Il n’y a aucune désolation‚ seulement la conscience et le courage de sa propre condition; tout se termine avec les signes d’un début‚ comme une fleur en voie d’extinction peu de temps après être éclose‚ un film de la mémoire et du ”Ici et maintenant”‚ unique mais que se fera voir encore.

Bruno de’ Franceschi

Raffaella Giordano - Fiordalisi