Edipo e la Pizia (2007)

librement inspiré
d’un récit de Dürrenmatt

mise en scène Lucia Poli
chorégraphies Giorgio Rossi
interprètes Lucia Poli‚ Giorgio Rossi

objets de scène et costumes Tiziano Fario
musiques originales Andrea Farri
production sosta palmizi

“Irritée par la bêtise de ses propres oracles et par l’ingénue crédulité des Grecs‚ la prêtresse de Delphes‚ Pannychis XI‚ longue et sèche comme presque toutes les Pythies qui l’avaient précédée‚ écouta les questions du jeune Oedipe qui voulait savoir si ses parents étaient vraiment ses parents‚ comme s’il était simple d’établir la vérité sur ce genre de choses…”

C’est de ce curieux incipit du récit de Dürrenmatt “La mort de la Pythie”‚ que naît le spectacle récité et dansé par Lucia Poli (la Pythie) et Giorgio Rossi (Oedipe)‚ accompagnés de quatre musiciens. Toutefois le texte théâtral s’éloigne assez vite de la matrice originelle et un étrange rapport s’engage en tout autonomie entre la Pythie et Œdipe‚ réinterprétant le mythe classique. La vision est irrévérencieuse‚ certes non pas pour en faire une farce‚ mais pour re–proposer‚ aujourd’hui‚ avec une profonde et ironique légèreté‚ l’éternel dilemme du sens du destin de l’homme : Est–ce que ce sont les dieux qui guident nos actes ? Ou est–ce le libre arbitre des hommes ? Ou simplement le hasard ?

Oedipe‚ après avoir reçu le terrible oracle de la Pythie – un oracle qu’elle déclare avoir inventé de toute pièce par simple caprice – en est influencé et réalise son atroce destin: il tue son père et épouse sa mère. Pourquoi ? Question de toujours. Quelle volonté se cache–t–il derrière ses actes ? La réponse est que le mystère habite le monde et guide l’histoire. La Pythie est une fofolle effrontée et moqueuse qui distribue des sentences avec sens de l’humour et du scandale‚ elle ne croit pas que la raison humaine puisse influencer la réalité et la modifier‚ elle ne se fie aucunement du divin. Son agnosticisme fait d’elle un personnage moderne‚ ou plutôt un symbole du doute éternel et du privilège de la fantaisie. Le monde apparaît comme un monstre qui se modifie tout seul au gré de ses grimaces.

Le style du “grotesque”‚ du “monstrueux”‚ du “fantastique” traverse la pièce de par ses jeux et ses moqueries‚ à l’aide de masques et de pantins qui dansent avec les acteurs et se substituent à eux. Le spectacle est toutefois traversé aussi par des moments de réflexion‚ d’obscurité‚ d’égarement. La musique qui accompagne les gestes‚ les mouvements et les paroles des deux protagonistes contribuent à donner corps aux différentes émotions.